La Conférence des évêques de France a signé, mardi 6 octobre 2026, une convention de partenariat avec la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes). L’accord, conclu à Paris en présence de Patricia Mirallès, présidente de la Miviludes, et de Jean-Marc Aveline, président de la CEF et archevêque de Marseille, vise à structurer la prévention des phénomènes d’emprise au sein du catholicisme français.
La convention repose sur quatre piliers :
- l’échange d’informations sur les situations susceptibles de révéler des dérives,
- l’analyse commune des facteurs de risque,
- des opérations de sensibilisation
- et le renforcement de la formation des responsables ecclésiaux.
Patricia Mirallès y a vu « une étape décisive pour structurer, pérenniser et intensifier notre démarche commune ». Elle a rappelé que, selon le dernier rapport d’activité de la mission (2022-2024), 35 % des signalements et demandes d’informations traités concernaient les cultes et les spiritualités, soit autant que le domaine de la santé et du bien-être.
Jean-Marc Aveline a inscrit cette signature dans l’engagement de l’épiscopat « de prévention et de lutte contre toutes les situations d’emprise, les agressions sexuelles, mais aussi physiques, spirituelles, psychologiques ». Il a renvoyé aux dispositifs mis en place après le rapport Sauvé de 2021, notamment le tribunal pénal canonique national et les instances de réparation, tout en interrogeant la gouvernance même de l’Église : « Comment va-t-on changer dans la façon même dont nous concevons la vie de l’Église, sa gouvernance, pour que ce genre de choses aient le moins de chances de se reproduire ? »
La CEF n’est pas la première instance religieuse à formaliser un tel partenariat. La Fédération protestante de France (FPF) avait ouvert la voie en novembre 2025 ; la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref) avait suivi en juillet 2026. Côté catholique diocésain, un service d’accueil « conseil et conciliation – emprise et dérives sectaires » (CCED) existe déjà : entre septembre 2024 et août 2025, il a traité 171 situations, dont 107 considérées comme closes.
La Miviludes évoquait dans son dernier rapport un « partenariat privilégié » avec l’Église de France et une intensification des liens avec ce service. La signature intervient dans un contexte de hausse globale des saisines à la Miviludes (4 571 en 2024, contre 2 160 en 2015) et alors que la loi du 10 mai 2024 a renforcé les outils contre l’emprise, notamment en matière d’incitation à l’abandon de soins.
Faut-il que les Églises évangéliques en fassent autant ? La question se pose avec une acuité particulière. Les rapports successifs de la Miviludes soulignent une disproportion marquée : une part très importante des signalements relevant des cultes et spiritualités concerne le milieu évangélique, alors que celui-ci ne représente pas une proportion équivalente des fidèles en France.
Selon les données relayées après la publication du rapport 2022-2024, environ 81 % de ces signalements visent des Églises évangéliques non affiliées ni à la FPF ni au Conseil national des évangéliques de France (CNEF), 17 % des communautés membres du CNEF et seulement 2 % des Églises affiliées à la FPF.
La mission précise qu’il s’agit de signalements, non de condamnations, et que les dérives se concentrent surtout dans des groupes autonomes, souvent structurés autour d’un pasteur charismatique, hors des fédérations.
Le CNEF a réagi en avril 2025 en se disant « interpellé » par le volume de signalements et en réaffirmant son engagement « au côté » de la Miviludes. Aucune convention formelle comparable à celles de la FPF, de la Corref ou de la CEF n’a toutefois été annoncée à ce jour avec le CNEF. Or la FPF, qui rassemble une partie du protestantisme mais pas l’ensemble du monde évangélique, a déjà franchi le pas.
Les critères de risque relevés par la Miviludes — isolement, exigences financières fortes, contrôle de la vie privée, rupture avec l’entourage, figure d’autorité unique — ne sont pas propres à une doctrine, mais à des modes de gouvernance peu encadrés.
Une convention du même type avec le CNEF, principal organe représentatif des Églises évangéliques affiliées, permettrait d’étendre le dispositif d’échange d’informations, de formation et de détection précoce là où les signalements sont les plus nombreux. Elle laisserait toutefois hors champ la majorité des cas, ceux des communautés non fédérées, que ni la FPF ni le CNEF ne peuvent contraindre.
La question n’est donc pas seulement celle d’un texte signé, mais de savoir si les instances évangéliques organisées sont prêtes à accepter le même niveau de transparence et de coopération que les catholiques et les protestants fédérés, tout en reconnaissant que l’essentiel du risque signalé se situe précisément en dehors de leurs murs.







OH OUI !!! "Les critères de risque relevés par la Miviludes — isolement, exigences financières fortes, contrôle de la vie privée, rupture avec l’entourage, figure d’autorité unique — ne sont pas propres à une doctrine, mais à des modes de gouvernance peu encadrés"... C'est tellement vrai et tellement problématique... Qui sont les apôtres des apôtres ? Qui corrigent les prophètes ? Qui intervient quand il y a des pressions financières ???? STOP AU GOUROUTISME !❌🔥🔥🔥 REVENONS à une gouvernance saine et biblique pour vivre sereinement l'Evangile de Christ !
Oui 🔥