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« Une des têtes de la bête, c’est l’IA » : le coup de semonce du Pst Dorothée Rajiah

Pour la pasteure de Paris Centre Chrétien (PCC), l’intelligence artificielle n’est pas une simple révolution technique.

Marc Nouvel· Journaliste· 8 octobre 2026

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« Une des têtes de la bête, c’est l’IA » : le coup de semonce du Pst Dorothée Rajiah

Dans un message d’une heure publié le 21 septembre, elle y voit une tête possible de la bête, des « sauterelles mécaniques » sorties de la fumée des data centers, et le calcul du nombre 666. Sans prétendre tout expliquer, elle appelle à la repentance plutôt qu’à la peur.

« Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’homme n’est plus l’être le plus intelligent du monde. La plus grande intelligence sur Terre, c’est l’IA. Et ça, on ne peut pas l’annuler ». Dorothée Rajiah, pasteure principale de Paris Centre Chrétien à La Courneuve, ne cherche pas l’euphémisme. Dans son message intitulé : « Ce que la Bible dit à propos de l’IA », déjà vue plus de 53.000 fois, elle place ces systèmes au centre d’une lecture personnelle d’Apocalypse 9 et 13.

Elle définit d’abord l’IA sans détour : « des calculs et des données. Toutes les connaissances, et des calculs. » Puis elle insiste sur la vitesse du phénomène, qu’elle juge déjà en partie hors de contrôle de ses concepteurs. Ce n’est pas, à ses yeux, un simple accident de parcours technologique, mais un signe des temps.

Le passage le plus frontal concerne Apocalypse 9. De la « fumée » du puits sortent des sauterelles. Pour elle, il ne s’agit pas d’insectes : « Ce ne sont évidemment pas des sauterelles biologiques ; ce sont des sauterelles mécaniques. » Dotées, dit-elle, du « pouvoir de distinguer », elles deviennent dans sa lecture une image de machines capables de cibler, qu’elle relie à la pollution des centres de données. La formulation reste celle d’une interprétation, non d’une démonstration.

Sur Apocalypse 13, le ton se durcit encore davantage. « L’une de ces têtes, c’est l’IA. Quelque part, je pense que l’une de ces têtes, c’est l’IA. Parce que cette bête est un homme, mais c’est aussi un système. »

Elle évoque le pouvoir donné d’animer l’image de la bête « pour que la bête puisse parler », et rapproche cette scène des images générées qui imitent la voix et le visage. Plus loin, elle s’arrête sur le verset 18 : « C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête… ce nombre est 666. »

Intelligence, calcul, nombre : le vocabulaire du texte croise, selon elle, celui des algorithmes. Elle répète pourtant ne pas détenir « toutes les réponses » et affirme que son propos « ne cherche pas à susciter la peur ». La chute est un appel : « Le seul but de cette connaissance, c’est la repentance. Le seul but de cette connaissance, c’est de venir aux pieds de Jésus. »

Paris Centre Chrétien, église charismatique fondée par Selvaraj Rajiah et dirigée depuis sa mort en 2011 par son épouse, compte parmi les communautés évangéliques les plus visibles de la région parisienne.

Le message s’inscrit dans un courant déjà présent dans plusieurs milieux évangéliques, où des prédicateurs rapprochent les capacités émergentes de l’IA — autonomie, images parlantes, concentration des données — des figures de la bête et du faux prophète, même si ces lectures ne font pas néxcessairement consensus parmi les exégètes.

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