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Cyril Chamard : "Une dent contre les catholiques ?"

Dans une série de publications Facebook, Cyril Chamard explique pourquoi il refuse, encore et toujours, de célébrer la visite du pape en France. S’il reconnaît une remontée des baptêmes et de la fréquentation des églises, il y voit surtout un phénomène identitaire et politique, loin d’un véritable réveil chrétien.

Pierre Berger· Resp. Editorial "Eglise"· 10 octobre 2026

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Cyril Chamard : "Une dent contre les catholiques ?"

Plusieurs internautes ont reproché à Cyril Chamard ses critiques sur la venue du pape en France, au cœur d’une visite qualifiée de «populaire» et «apaisante». Dans un long texte publié sur Facebook, il répond point par point.

Sur le «réveil du catholicisme» en France, il admet que les baptêmes et la fréquentation des églises repartent à la hausse. Mais, selon lui, «ce phénomène est surtout identitaire». Dans une société où beaucoup ne considèrent plus l’évolution comme un progrès, le catholicisme devient «un refuge, un retour aux racines, parfois à une “France d’avant” largement fantasmée». Il s’interroge : «Où est le réveil chrétien ? Où sont la repentance, la recherche ardente de Jésus-Christ, la lecture de la Bible, la prière, la sanctification ?».

Tout en affirmant aimer la France et constater une régression de la société, il déclare ne pouvoir «communier autour de cette Église et de la papauté qui ont fait tant de mal à notre nation». Il préfère, dit-il, communier autour d’une victoire de l’équipe de France.

Il juge la visite avant tout politique. L’Église catholique n’est pas seulement une communauté de croyants mais, «depuis le VIIIe siècle, une extraordinaire institution de pouvoir» qui a possédé des États, couronné des souverains et pesé sur la politique européenne et mondiale pendant plus d’un millénaire. Aujourd’hui «l’Institution la plus riche, la plus présente dans le monde entier», elle ne se désintéresserait pas de la politique.

Dans un contexte électoral majeur, le parcours du pape (Lourdes-Paris-Metz) et l’évitement d’une apparition trop marquée avec Emmanuel Macron, ainsi que la visite de Vincent Bolloré au Vatican quelques semaines auparavant, alimentent selon lui cette lecture politique. Considérer l’événement comme purement spirituel et «apaisant» lui paraît «tout aussi naïf».

Chamard avance deux raisons personnelles de rompre avec l’institution. La première est sa foi chrétienne. Il cite l’avertissement de Jésus contre «les loups déguisés en brebis» et estime que ceux qui se réclament du Christ tout en «souillant son témoignage» font parfois davantage de mal que ses adversaires ouverts. «Je considère que l’Église catholique, par son histoire, ses compromissions, ses violences et ses abus de pouvoir, a fait un mal immense au christianisme. Elle n’a apporté à notre nation que violence, abus, traumatismes et injustice sociales».

La seconde raison tient à son engagement auprès de l’enfance. Ayant participé à la fondation d’un orphelinat et d’une école, et accueilli plusieurs enfants et jeunes, il cite les chiffres de la CIASE : environ 330 000 personnes auraient été victimes de violences sexuelles commises par des prêtres ou religieux en France entre 1950 et 2020, alors qu’elles étaient mineures. Il mentionne aussi une estimation mondiale de 7 % de prêtres pédo-criminels.

«Aucune autre religion, ni institution, n’a des stats aussi “systémiques”. C’est un cas unique dans l’histoire de l’humanité», écrit-il, dénonçant un «cadre de protection des coupables et de silence des victimes». L’argument selon lequel «ça existe aussi ailleurs» lui semble «un déni total de l’ampleur du drame unique».

Il conclut ne pas avoir «une dent contre les catholiques», dont il connaît et respecte de nombreux représentants, mais bien «contre une institution qui prétend représenter le Christ mais qui perd et broie tant de croyants». Voir certaines personnes «serrer avec enthousiasme la main du pape, symbole et chef de cette institution», ne lui apparaît pas «apaisant».

Dans d’autres publications, Cyril Chamard avait déjà critiqué un discours du pape à Metz appelant à «désarmer les cœurs et les mots», le rapprochant de la manière dont Satan invite Ève à repenser les paroles de Dieu dans la Genèse, et s’était indigné qu’un responsable protestant serre la main du pape, rappelant les persécutions historiques subies par les protestants.

La parole aux lecteurs — 2

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  • Eh maria !14 octobre 2026

    Une dent c est pas suffisant !! Tout un ratelier prophétique contre les hérésies serait préférable !! 😄😄😄😄😄😄

  • Sonia10 octobre 2026

    Il a tout à fait raison, sans compter qu'on promène ce vieil homme sur un trône porté par des hommes, en aucun cas il mérite cela. Seul Jésus mérite d'être élevé. Sans compter leurs statues et leur tralala

    • Mathys11 octobre 2026

      Il y a tellement d'hérésies dans le catholicisme qu'on ne les comptent plus malheureusement. ❌❌❌ Je préfère la foi des premiers disciples à tout ce tralala religieux. Insupportable. 🔥

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