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Narnia / Meryl Streep en Aslan : quand Hollywood fait rugir les évangéliques

La confirmation est tombée à la mi-septembre 2026 : Meryl Streep prêtera sa voix au lion Aslan dans Narnia : Le Neveu du magicien, l’adaptation réalisée par Greta Gerwig pour Netflix.

David Lyre· Resp. Editorial "Culture"· 30 septembre 2026

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Narnia / Meryl Streep en Aslan : quand Hollywood fait rugir les évangéliques

Le film, première adaptation du roman de C. S. Lewis publié en 1955, sortira en salles le 12 février 2027 (avant-premières IMAX le 10) avant d’arriver sur la plateforme le 2 avril.

Ce choix, justifié par la réalisatrice de Barbie et Les Filles du docteur March, comme une évidence artistique, a déclenché une vive réaction chez une partie des chrétiens évangéliques américains. Pour eux, Aslan n’est pas un simple personnage de fantasy. Il est une figure du Christ.

Un lion qui n’est pas qu’un lion

Dans Les Chroniques de Narnia, Aslan est le créateur du monde, un lion parlant d’une sagesse ancienne, capable de sacrifice et de résurrection. C. S. Lewis, anglican converti, a lui-même indiqué que le personnage incarnait le Christ tel que les habitants de Narnia le rencontrent. Dans L’Odyssée du Passeur d’Aurore, Aslan dit à Lucy et Edmund qu’ils le connaîtront sous un autre nom dans leur propre monde.

Dans les films Disney/Walden des années 2000, c’est Liam Neeson qui lui prêtait sa voix grave. Le personnage est systématiquement masculin dans les livres.

Greta Gerwig a expliqué son choix dans Empire : « Je voulais quelqu’un de profond mais pas prétentieux, qui ait de la gravité mais pas une gravité morose. Quelqu’un capable de communiquer la profondeur et le pathos autant que la joie et le ravissement. Je voulais quelqu’un de plus de 70 ans, qui ait la sagesse de l’expérience mais aussi la capacité de s’émerveiller comme un enfant. Et l’un des plus grands acteurs de tous les temps. Cette liste n’est pas longue. »

La réalisatrice a également évoqué une inspiration rock’n’roll (David Bowie notamment) pour le design visuel du lion, avec des yeux de couleurs différentes et une rayure rouge. Elle n’a pas déclaré qu’Aslan devenait une lionne.

« Blasphème », « Jésus transgenre »...

Dès l’annonce, les réseaux sociaux et les médias conservateurs se sont enflammés. Isabel Brown, commentatrice du Daily Wire, a écrit sur X : « C. S. Lewis a littéralement voulu qu’Aslan soit l’incarnation du Christ dans le monde de Narnia. […] Caster Meryl Streep en Aslan est une gifle au génie de Lewis, mais aussi une moquerie délibérée du christianisme. »

Le pasteur texan L. David Fairchild a parlé de « vandalisme créatif se faisant passer pour de la sophistication artistique ». Jenna Ellis, avocate et ancienne conseillère de Donald Trump, a accusé Gerwig de « profaner le Christ avec le féminin divin ». Un utilisateur au profil revendiquant le « patriarcat biblique » a lancé : « Sans manquer de respect à Meryl Streep, aussi talentueuse soit-elle, nous n’avons pas besoin d’un Jésus transgenre et ambigu. »

MovieGuide, organisation chrétienne qui évalue les films selon des critères bibliques, a également critiqué le choix. Son fondateur Ted Baehr a rappelé que Jésus était « pleinement Dieu et pleinement homme, pas pleinement femme ».

Pour ces voix, le problème n’est pas seulement le genre de l’actrice. C’est l’idée qu’on puisse « changer » une représentation du Christ. Certains comparent le geste à d’autres polémiques culturelles récentes et parlent de « Translan ».

Une controverse qui n’est pas unanime

Tous les chrétiens ne partagent pas cette indignation. La professeure de religion Leslie Baynes, autrice d’un livre sur Lewis et la Bible, a déclaré : « Personnellement, je n’ai aucun problème avec une femme qui double Aslan, mais pour beaucoup d’évangéliques, cela ressemble presque à un blasphème. »

L’autrice Mary Pezzulo, fan de longue date de Narnia, a souligné l’ironie : « On peut transformer Jésus en animal et cela n’enlève rien à sa dignité. Mais vous trouvez offensant de le transformer en femme ? C’est une façon vraiment méprisante de penser aux femmes. »

Des articles du Guardian et de l’Irish Times ont relativisé la polémique en rappelant que Jésus n’était pas non plus un lion. Ils y voient surtout l’expression d’une guerre culturelle plus large sur le genre, l’autorité et la représentation du sacré.

Il n’y a, à ce jour, aucune confirmation officielle que le personnage visuel d’Aslan soit féminisé. Il s’agit d’une voix. Meryl Streep, 77 ans, a déjà incarné des figures religieuses ou spirituelles (notamment dans Angels in America). Gerwig l’avait déjà dirigée dans Les Filles du docteur March.

Un film attendu… et déjà clivant

Le projet, estimé à plus de 200 millions de dollars, est le premier grand film Netflix à bénéficier d’une véritable sortie mondiale en salles. Le casting comprend notamment Emma Mackey (la Sorcière blanche), Carey Mulligan, Daniel Craig et de jeunes acteurs dans les rôles de Digory et Polly.

La polémique révèle à quel point Narnia reste un texte chargé pour une partie du public américain. Lewis est souvent cité par les pasteurs évangéliques ; ses livres se sont vendus à plus de 100 millions d’exemplaires. Modifier, même par la voix, une figure aussi symbolique touche à quelque chose de sacré pour eux.

Le film n’est pas encore sorti. Personne n’a encore entendu Meryl Streep rugir. Reste à savoir si cette controverse préventive pèsera sur l’accueil du public ou si, une fois le film vu, le talent de l’actrice et la vision de Gerwig l’emporteront sur les débats théologiques. En attendant, Aslan n’a pas encore parlé. Mais autour de lui, le royaume est déjà en ébullition.

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  • John W.5 octobre 2026

    Le wokisme est une idéologie mortifère ! A combattre !! Mais dans le cas de ce projet de film, je suis pas sûr que ce soit du wokisme...... A vérifier quand ça sortira... 🙏🔥🔥

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