Pourtant, un tiers d’entre eux rejettent certaines de ses vérités lorsqu’elles contredisent leurs convictions personnelles, et la tendance s’accentue, surtout chez les plus jeunes, selon une enquête Lifeway Research.
Une majorité écrasante des protestants américains qui assistent au culte au moins une fois par mois disent apprécier l’étude de la Bible. Mais derrière cet enthousiasme se dessine un rapport de plus en plus personnel et filtré aux Écritures.
C’est ce que révèle une enquête menée en ligne du 2 au 7 septembre 2025 par Lifeway Research auprès de 1 200 fidèles protestants (baptistes, méthodistes, presbytériens, non-dénominationnels, etc.). Les résultats, publiés fin septembre, sont comparés à une étude similaire réalisée en 2019.
Un goût affirmé pour l’étude… et une confiance élevée
95 % des répondants déclarent aimer explorer un passage biblique pour en comprendre le sens (dont 62 % qui sont « tout à fait d’accord »). Presque autant (91 %) estiment pouvoir saisir en quoi un texte s’applique à leur propre existence.
Plus de huit sur dix se sentent également capables de répondre aux doutes d’autrui sur la véracité des Écritures ou d’aider quelqu’un qui ne comprend pas un passage.
Cette confiance s’accompagne toutefois d’une réalité plus contrastée : 56 % reconnaissent avoir du mal à comprendre la Bible lorsqu’ils la lisent seuls. La difficulté est plus marquée chez ceux qui assistent au culte une à trois fois par mois et chez les femmes. Malgré cela, une très large majorité (plus de 90 %) juge important de tenir compte du contexte historique du texte et d’en appliquer les principes aujourd’hui.
Une lecture de plus en plus sélective
Le contraste le plus net apparaît sur la question de l’acceptation intégrale des vérités bibliques. 34 % des fidèles interrogés affirment accepter certaines vérités de la Bible, mais en rejeter d’autres qui ne correspondent pas à leurs convictions – contre 30 % en 2019.
Parallèlement, 28 % estiment que certaines vérités bibliques deviennent obsolètes avec l’évolution de la société (contre 24 % six ans plus tôt). Ces positions sont nettement plus répandues chez les plus jeunes : 56 % des 18-29 ans disent refuser certaines vérités qui ne collent pas à leurs convictions, et 54 % jugent que certaines deviennent obsolètes.
Les hommes sont également plus nombreux que les femmes à adopter une lecture sélective (environ 40 % contre 29 %). Les protestants définis comme « non évangéliques » (selon leur degré d’accord avec quatre affirmations doctrinales clés) sont plus enclins que les évangéliques à penser que la vérité de la Parole de Dieu peut signifier des choses différentes selon les personnes (90 % contre 75 %).
Au total, 82 % des répondants partagent cette vision d’une vérité biblique susceptible de varier selon les individus.
Un paradoxe durable
Les chiffres d’enthousiasme pour l’étude et d’application personnelle restent stables par rapport à 2019. En revanche, la part de ceux qui filtrent les vérités bibliques selon leurs convictions ou les jugent dépassées a légèrement progressé.
Lifeway Research, service d’études de Lifeway Christian Resources (lié à la Convention baptiste du Sud), souligne ainsi un intérêt réel pour les Écritures qui coexiste avec une approche de plus en plus individualisée de leur interprétation et de leur autorité.
Pour les responsables d’Églises, ces résultats posent la question de la formation biblique et du dialogue intergénérationnel : comment accompagner des fidèles qui aiment étudier la Bible tout en développant une relation plus sélective à son contenu ?
L’enquête ne tranche pas, mais elle documente un écart qui s’est creusé, en particulier chez les jeunes adultes protestants américains.







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