Plus de 110 écoles, issues de quinze provinces, ont reçu un diplôme d’honneur. Derrière le geste protocolaire se joue une reconnaissance politique : celle d’un réseau privé confessionnel longtemps resté en marge des cérémonies nationales.
L’initiative revient à la sénatrice Nadia Márquez. La séance a rassemblé plus de 200 personnes, directeurs, pasteurs, élus et hauts fonctionnaires. Le président provisoire du Sénat, Bartolomé Abdala, a co-présidé l’acte. Martín Menem, président de la Chambre des députés, en a prononcé la clôture. Patricio Barber Soler, responsable de l’éducation privée, sociale et coopérative au ministère du Capital humain, figurait parmi les orateurs.
Douze sénateurs ont signé les diplômes.
La géographie des lauréats dit l’ampleur du mouvement. Des écoles de Buenos Aires et de la capitale fédérale côtoyaient des établissements de Santa Fe, Córdoba, Mendoza, Misiones, Entre Ríos, Santiago del Estero, Neuquén, Río Negro, Chubut, San Luis, Formosa, Chaco et Corrientes.
À Bariloche, deux écoles du barrio La Cumbre, l’école maternelle Rocío del Cielo et la primaire Cielos Abiertos, faisaient partie des distinguées. La date renvoie à William Case Morris, pasteur méthodiste mort le 15 septembre 1932.
À la fin du XIXe siècle, il avait ouvert la première école évangélique d’Argentine, tournée vers l’alphabétisation d’enfants pauvres. Ce modèle, entre instruction, encadrement social et formation morale, s’est ensuite diffusé là où l’offre publique restait mince : quartiers précaires, campagnes, zones d’accès difficile.
Les organisateurs ont qualifié la journée d’« historique et profondément émouvante ». Christian Hooft, président de l’Alliance chrétienne des Églises évangéliques (ACIERA), Daniel Ochoa, du Conseil des écoles chrétiennes évangéliques (CECE), et Gastón Bruno, de l’Association des écoles évangéliques (ADEEA), y voyaient surtout la validation d’un travail collectif : enseignants, familles, structures de formation et d’appui pédagogique.
L’hommage n’est pas resté purement symbolique. Les représentants des 110 institutions ont été reçus par le secrétaire à l’Éducation, Carlos Horacio Torrendell, pour exposer leurs attentes et examiner les dispositifs publics existants. Barber Soler a résumé le fil conducteur d’une phrase : «La foi doit être transmise, la foi est éducable et elle sert à éduquer».
Nadia Márquez, de son côté, a lié la cérémonie à une revendication plus large : le droit de ces écoles à conserver leur identité dans le cadre de la liberté religieuse, et à peser là où se discutent les politiques éducatives.
En accueillant ce réseau dans sa salle la plus solennelle, le Sénat a donné à une tradition annuelle une visibilité institutionnelle qu’elle n’avait pas eue jusqu’ici.







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