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«Avec l’intelligence artificielle, nous convoquons le diable» (1/3)

L’intelligence artificielle est-elle une convocation satanique ? Ce propos n’a pas été tenu par un prophète de malheur, mais par l’extravagant Elon Musk, le tout puissant milliardaire qui dirige notamment les sociétés SpaceX et Tesla Motors. Qu’en est-il vraiment ? PARTIE 1/3.

Paul OHLOTT· Journaliste, Pasteur et Théologien· 1 juin 2023

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«Avec l’intelligence artificielle, nous convoquons le diable» (1/3)

L’intelligence artificielle est-elle en train de devenir la plus grande menace que l’Humanité n’ait jamais connu ? Faut-il y voir le nouvel outil surpuissant de contrôle qui permettra l’émergence d’un système antéchrist mondial ? Et quel regard anthropologique, les évangéliques doivent-ils poser face aux projets sans limite du «transhumanisme» d’ores-et-déjà muté en «post-humanisme» ?

Dans cet article, après un aperçu global du développement de l’intelligence artificielle, nous essaierons de poser quelques réflexions théologiques, essentiellement d’ordre anthropologique et eschatologique, sur ce vaste sujet qui risque, pour le moins, de bouleverser le monde.

En premier lieu, avant d’entrer dans le vif du sujet, définissons ce que nous appelons «l’intelligence artificielle». Il s’agit, selon la définition du Parlement Européen, d’un programme informatique, qui est en capacité de «reproduire des comportements liés aux humains, tels que le raisonnement, la planification et la créativité. L’IA permet à des systèmes techniques de percevoir leur environnement, de gérer ces perceptions, de résoudre des problèmes et d’entreprendre des actions pour atteindre un but précis. Les systèmes dotés d’IA sont capables d’adapter leurs comportements (plus ou moins) en analysant les effets produits par leurs actions précédentes, travaillant de manière autonome».

Le développement fulgurant de l’Intelligence Artificielle

Par ailleurs, le site du Parlement Européen précise que si «certaines technologies associées à l’IA existent depuis plus de 50 ans, les progrès en terme de puissance et de calcul, l’accès à une grande quantité de données et le développement de nouveaux algorithmes, ont mené à des percées majeures dans le domaine de l’IA au cours des dernières années».

Pour prendre la mesure du développement faramineux des technologies informatiques, il est bon de se rappeler qu’en 1969, les ordinateur IBM 360 qui étaient utilisés par la NASA et qui ont permis d’envoyer une équipe d’astronautes sur la lune, n’étaient dotés que d’environ six méga-octets d’information ! 50 ans plus tard, une simple clé USB ou une carte mémoire flash à 20€ emmagasine en moyenne 32 giga-octets, soit 5000x plus que le nombre d’octets qui étaient contenu dans les énormes ordinateurs IBM 360 de la Nasa.

L’incroyable pouvoir informatique mis à notre portée montre à quel point l’immense révolution technologique actuelle nous touche à un rythme effarent. Comme il était mentionné récemment dans la revue The Economist, «le centre d’études et de recherches McKinsey Global Institute affirme que l’IA contribue actuellement à transformer la société “dix fois plus rapidement et 300 fois plus largement, ou environ 1000 fois plus” que la révolution industrielle».

Des chercheurs ont réussi à copier un aspect du fonctionnement neuronal du cerveau. On le décrit en termes d’«apprentissage profond» et maintenant, les ordinateurs peuvent non seulement analyser plus rapidement que jamais un volume sans précédent d’ensembles de données, mais aussi pondérer la valeur de ces données. Ainsi, ils « apprennent » à mesure qu’ils accumulent des résultats positifs, un peu comme les circuits neuronaux sont renforcés dans le cerveau au cours de l’apprentissage.

Toujours selon la revue The Economist, «l’apprentissage profond permet aux systèmes d’apprendre et de s’améliorer en analysant une foule d’exemples au lieu d’être programmés explicitement, [et] il sert déjà à alimenter les moteurs de recherche sur Internet, à bloquer les spams, à suggérer des réponses à des courriels, à traduire des pages Web, à reconnaître des commandes vocales, à détecter des transactions frauduleuses effectuées avec des cartes de crédit et à diriger des voitures autonomes ».

Au commencement d’une menace mortelle et diabolique ?

«Jusqu’ici, de telles avancées en matière de fonctions de l’IA n’ont posé aucune menace crédible pour l’humanité, mais à mesure que la capacité de l’IA continue de se multiplier, celle-ci pourrait en arriver à contrôler le processus décisionnel qui était jusqu’ici l’apanage des êtres humains. Et, selon des scientifiques et des chefs de file de ce secteur d’activité, il semble qu’une telle possibilité ne soit pas très éloignée», réagit le Pst Mario Seiglie, enseignant en Apologétique des sciences (Dessein Intelligent & Archéologie) à l’Ambassador Bible College, dans l’Etat de l’Ohio, aux Etats-Unis. Et il ajoute qu’en raison des progrès fulgurants de l’IA, «certains des penseurs les plus brillants en matière de technologie nous ont lancé de sérieux avertissements au sujet de cette menace mortelle».

Déjà en 2014, le célèbre Elon Musk prévenait que la montée de l’intelligence artificielle «risquait d’être plus dangereuse que l’arme nucléaire», précisant encore : «Je pense que nous devons nous méfier grandement de l’intelligence artificielle. Je pense qu’elle est probablement notre plus grande menace existentielle. Les scientifiques sont de plus en plus d’avis qu’il devrait exister une forme de supervision réglementaire, peut-être à l’échelle nationale et internationale, pour nous éviter de commettre une erreur très grave. Avec l’intelligence artificielle, nous convoquons le diable»

En 2017, Elon Musk lancera une nouvelle mise en garde en affirmant dans une interview : «L’intelligence artificielle est l’une des questions les plus troublantes […] Elle peut être beaucoup plus intelligente que l’être humain le plus brillant de la planète. Cela crée une situation dangereuse (…) On peut se l’imaginer, entre autres, en étant certains que des extraterrestres super intelligents viendront nous visiter d’ici 10 ou 20 ans au plus. La super intelligence numérique sera comparable à un extraterrestre».

Même discours apocalyptique de la part du célèbre astrophysicien Stephen Hawking, qui affirme que «le développement complet de l’intelligence artificielle pourrait signifier l’extinction de la race humaine». Ou encore de Bill Gates, cofondateur de Microsoft : «Je me range du côté de ceux qui s’inquiètent de la super intelligence. Pour commencer, les machines accompliront beaucoup de tâches à notre place et ne seront pas super intelligentes. Cela devrait s’avérer positif si nous gérons bien la situation. Mais quelques décennies plus tard, l’intelligence sera assez solide pour devenir une source de préoccupation. Je suis du même avis qu’Elon Musk et que d’autres encore, et je ne comprends pas pourquoi certaines personnes ne s’inquiètent pas de cet état de choses»

Les principales menaces de l’Intelligence Artificielle

Le 30 Mai 2023, un groupe d’une centaine d’experts, a publié une déclaration sur l’IA sur le site spécialisé Center For IA Safety (Centre sur la sécurité de l’intelligence artificielle), afin de prévenir que «cette technologie représenterait une réelle menace pour l’Homme et devrait susciter plus de méfiance, au moins autant qu’envers les pandémies ou les guerres».

Parmi les signataires, Geoffroy Hinton, professeur émérite d’informatique à l’Université de Toronto, évoque plusieurs grands dangers imputés à l’IA : «Le premier, non des moindres, est le fait que l’Homme se retrouve intellectuellement démuni face à une IA qui le remplace en la matière, et même le surpasse. L’ordinateur, devenu plus intelligent que l’Homme, lui retirerait de la valeur et dépasserait son créateur. (…) Deuxième risque, plus sociologique, serait d’entraîner une suppression massive d’emploi. (…) Il ne faudrait pas que les IA soient laissées aux mais de personnes mal intentionnées, et c’est un troisième danger non négligeable en cas de tensions. (…) Le menace la plus inquiétante et dystopique est celle d’un robot meurtrier. C’est un scénario digne des grands romans de science-fiction : les IA deviendraient des menaces concrètes et physiques pour la vie des êtres humains»

Des robots tueurs ? Comme James Barrat, expert en la matière, le faisait remarquer : «Chaque année, des drones robotiques semi-autonomes tuent déjà des douzaines de personnes. Cinquante-six pays possèdent ou sont en voie de développer des robots de champ de bataille. La course est maintenant engagée pour les rendre autonomes et intelligents»

«La révolution de l’apprentissage profond en est encore à ses balbutiements. Déjà, ce qui semblait être de la science-fiction il y a à peine quelques années est en voie de devenir réalité, petit à petit. Les voitures autonomes qui sont dirigées par l’IA et qui sont maintenant utilisées dans certaines régions se sont révélées, en général, plus sécuritaires que celles conduites par des êtres humains (même si certains accidents se sont produits)», constate le Pst Mario Seiglie.

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