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Rémi Gomez / Un autre crucifié à la place de Jésus ?

La vidéo de la chaîne THÉOSIS, intitulée : "Un autre crucifié à la place de Jésus ? Prouvez-le", remet en question l’idée répandue selon laquelle un sosie aurait été crucifié à la place de Jésus.

Rémi Gomez· Apologète· 13 octobre 2026

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Rémi Gomez / Un autre crucifié à la place de Jésus ?

Cette croyance, largement admise dans la tradition musulmane, repose sur une interprétation du verset 157 de la sourate 4 (An-Nisâ’) du Coran : «Ils ne l’ont ni tué ni crucifié ; mais ce n’était qu’un faux-semblant !» (traduction usuelle).

La vidéo soutient que cette histoire du « sosie » ne découle pas directement du texte coranique, mais de traditions tardives et peu fiables.

Ce que dit réellement le verset

Le Coran n’aborde la crucifixion que dans ce seul verset, alors que le Nouveau Testament y consacre de nombreux passages (Matthieu 27, Marc 15, Luc 23, Jean 19, et la confession de foi de 1 Corinthiens 15,3). Le verset affirme que «ils» (les gens du Livre, souvent identifiés aux Juifs dans le contexte) n’ont pas réussi à le tuer ni à le crucifier, mais que «cela leur a été rendu semblable» (shubbiha lahum).

La vidéo s’appuie sur une analyse grammaticale et exégétique. L’expression wa mā ṣalabūhu («et ils ne l’ont pas crucifié») porte sur l’échec de ces acteurs humains, et non sur une négation absolue de l’événement. Elle ne dit pas wa mā ṣuliba (« et il n’a pas été crucifié »). Selon cette lecture, le Coran ne nie pas la crucifixion en elle-même, mais affirme que ceux qui se vantent de l’avoir accomplie n’ont pas atteint leur but, Dieu ayant élevé Jésus vers lui (verset suivant).

Les doutes des grands exégètes

Le grand commentateur Fakhr al-Dîn al-Râzî (XIIe-XIIIe siècle), dans son Mafâtîh al-Ghayb, exprime des réserves face à la théorie de la substitution. Il propose des interprétations où l’illusion (shubbiha) tombe sur les observateurs plutôt que sur Jésus lui-même ou sur un double. Al-Râzî note l’absence de mention explicite d’un remplaçant dans le texte et souligne les difficultés logiques d’une substitution forcée par Dieu, qui impliquerait que celui-ci trompe les sens de manière systématique.

Cette hésitation montre que l’idée du sosie n’est pas une évidence textuelle, mais une interprétation imposée a posteriori (eiségèse). La vidéo rappelle qu’aucune tradition prophétique authentique (hadith) ne confirme explicitement cette substitution.

Les origines de la légende du sosie

L’histoire du remplaçant remonte principalement à Wahb ibn Munabbih, un conteur yéménite né après la mort du Prophète Muhammad, connu pour transmettre des récits d’origine judéo-chrétienne (isra’iliyyat). Ces traditions, classées comme étrangères et souvent jugées peu fiables par les spécialistes musulmans eux-mêmes, ont été intégrées dans les commentaires coraniques, notamment chez al-Tabarî.

Wahb rapporte des versions où les disciples de Jésus sont transformés pour lui ressembler, ou où un homme est crucifié à sa place. Sa réputation a varié : certains le considéraient comme digne de confiance, d’autres comme un « audacieux menteur ». Ces récits se sont ensuite diversifiés en plusieurs versions contradictoires : un homme pris au hasard, un garde, un disciple volontaire, Judas, ou Simon de Cyrène (celui qui porte la croix dans les Évangiles).

Ces légendes se contredisent mutuellement et ne reposent sur aucune chaîne de transmission solide remontant au Prophète. Elles sont souvent accompagnées de formules comme « Dieu seul sait », signe d’incertitude.

Un contexte plus large : des précédents gnostiques

L’idée d’une substitution n’est pas née avec l’islam. Dès les IIe-IIIe siècles, certains groupes gnostiques (comme les disciples de Basilide) affirmaient déjà que Simon de Cyrène avait été crucifié à la place de Jésus, celui-ci ayant pris son apparence et se moquant des archontes. Des textes comme le Deuxième Traité du Grand Seth (Nag Hammadi) décrivent Jésus riant pendant que son « substitut » souffre. L’Évangile de Barnabas (beaucoup plus tardif) développe une version où Judas est transformé.

Ces traditions docètes ou gnostiques, qui refusent que le divin puisse réellement souffrir, ont probablement influencé les récits islamiques ultérieurs. La vidéo souligne que le Coran lui-même ne reprend pas explicitement ces détails légendaires.

Contraste avec les sources bibliques et historiques

Les quatre Évangiles et les épîtres de Paul présentent un Jésus qui accepte volontairement sa passion pour le salut des hommes. La crucifixion sous Ponce Pilate est l’un des faits les mieux attestés de l’histoire ancienne, corroboré par des sources non chrétiennes (Tacite, Flavius Josèphe dans des passages reconnus comme authentiques, etc.). Les récits de substitution inversent le portrait évangélique : au lieu d’un Jésus héroïque qui se livre, on obtient un Jésus qui fuit tandis qu’un autre meurt à sa place.

La théorie du sosie soulève aussi des problèmes épistémologiques : si Dieu peut substituer les apparences de façon indiscernable, comment faire confiance à n’importe quelle perception ou témoignage ?

La parole aux lecteurs — 1

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  • Sandy Sandrine13 octobre 2026

    Bonjour Rémi, Merci pour ton article. Moi j'ai une autre question. Si JÉSUS n'a pas existé, qu'il n'a pas été crucifié et d'autres affirmations. Pourquoi n'avoir cesse de s'y interresser et d'essayer de prouver, depuis des années, des évidences qui ne prouvent que l'inverse. Tu me diras que c'est pour justifier leur certitude concernant leur religion. Mais on m'a toujours dit que les personnes qui essaient de justifier leur questionnement sont celles qui par leur détermination à persuader se laissent elles-mêmes convaincre. Que DIEU te guide dans ton ministère et que par ta détermination à démontrer la vérité le SAINT-ESPRIT touche des coeurs humbles et remplis de POURQUOI afin qu'il puisse répondre PARCE QUE par ta bouche. Sois béni

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