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Sanctification et grâce : compatibilité, compétitivité ou complémentarité (1/2) ?

La grâce qui nous a sauvés nous dispense-t-elle de poursuivre la sanctification ? Quelle place la sainteté occupe-t-elle encore dans la vie du croyant ? (Partie 1/2)

Donato Anzalone· Pasteur et Théologien· 31 octobre 2026

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Sanctification et grâce : compatibilité, compétitivité ou complémentarité (1/2) ?

Si nous sommes sauvés par grâce, indépendamment de nos œuvres, pourquoi le Nouveau Testament contient-il autant d'exhortations adressées aux croyants pour qu'ils renoncent au péché et vivent dans la sainteté ? La sanctification constitue-t-elle une exigence supplémentaire, susceptible d'entrer en concurrence avec la grâce de Dieu ?

La difficulté apparaît notamment lorsqu'on rapproche deux affirmations de l'épître aux Hébreux. D'une part, Jésus-Christ a sanctifié les croyants par son sacrifice accompli une fois pour toutes (Hébreux 10:10-14). D'autre part, l'auteur leur demande de rechercher la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur (Hébreux 12:14).

Pour comprendre cette relation, il faut d'abord distinguer ce que Dieu a déjà accompli en Christ de ce qu'il nous appelle encore à vivre.

1. Justifiés par grâce et sanctifiés en Jésus-Christ

Le salut est un don de Dieu, reçu par la foi, sans aucun mérite de notre part (Éphésiens 2:8-9). C'est Dieu qui nous justifie gratuitement par sa grâce, en vertu de l'œuvre rédemptrice de Jésus-Christ (Romains 3:24). La justification signifie que nous sommes déclarés justes devant Dieu. Elle ne résulte pas de notre sanctification, pas davantage qu'elle ne dépend de nos efforts pour devenir meilleurs.

Il importe de ne pas confondre ces deux réalités du salut : la sanctification ne nous rend pas justes devant Dieu ; c'est Dieu qui nous justifie par la foi en Jésus-Christ. Paul distingue clairement la justification de la sanctification lorsqu'il écrit aux Corinthiens : « Et c'est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus Christ, et par l'Esprit de notre Dieu. » 1 Corinthiens 6:11

La sanctification apparaît ici comme une réalité déjà accomplie par l'œuvre de Jésus-Christ. L'épître aux Hébreux confirme que, par une seule offrande, Christ a amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés (Hébreux 10:14). Pourtant, ces mêmes croyants sont constamment exhortés à poursuivre la sainteté. Paul déclare aux Thessaloniciens que leur sanctification est la volonté de Dieu (1 Thessaloniciens 4:3), tandis qu'il demande aux Corinthiens de se purifier de toute souillure de la chair et de l'esprit (2 Corinthiens 7:1).

Pour distinguer ces deux dimensions, les théologiens emploient généralement les expressions sanctification positionnelle et sanctification progressive. Bien que ces termes ne soient pas directement employés dans la Bible, ils permettent de décrire la sanctification déjà reçue en Christ et celle que nous sommes appelés à vivre quotidiennement. La première n'annule pas la seconde, puisque notre appartenance à Christ constitue précisément le fondement de notre appel à la sainteté.

2. Pourquoi les apôtres exhortent-ils les saints à ne plus pécher ?

Voici un fait particulièrement remarquable : une grande partie des exhortations apostoliques à abandonner le péché s'adresse à des personnes que les apôtres reconnaissent déjà comme des saints. Ainsi il est clair qu’un chrétien né de nouveau est en mesure de pécher et doit travailler sur sa vie pour vivre une vie sainte en Christ.

Paul écrit aux saints d'Éphèse (Éphésiens 1:1), mais leur demande de renoncer au mensonge, au vol, à l'impureté et à l'ivrognerie (Éphésiens 4–5). Il appelle les Corinthiens des sanctifiés en Jésus-Christ (1 Corinthiens 1:2), tout en leur reprochant leurs divisions, leurs jalousies et leur immoralité. Il exhorte également les saints de Colosses à abandonner les comportements de leur ancienne vie (Colossiens 3:5-10).

Ces exhortations ne signifient pas que tous les destinataires pratiquaient chacun de ces péchés, mais elles démontrent que les apôtres considéraient la sanctification comme une nécessité dans la vie des croyants.

Il est également significatif que Paul ne conclue pas automatiquement que ceux qui pèchent n'ont jamais été véritablement régénérés. En 1 Corinthiens 3:1-3, il appelle les Corinthiens ses frères et des enfants en Christ, tout en leur reprochant leur conduite charnelle. De même, lorsqu'il reprend Pierre pour son hypocrisie (Galates 2:11-14), il ne remet pas en question sa nouvelle naissance.

La nouvelle naissance ne signifie donc pas que le chrétien soit devenu incapable de pécher. Elle ne nous permet pas davantage de dissocier notre personne de nos actes, comme si seule notre chair pouvait pécher indépendamment de notre véritable identité. Paul parle de la nécessité de nous purifier de toute souillure de la chair et de l'esprit (2 Corinthiens 7:1). Le croyant demeure personnellement responsable de sa conduite.

Conclure qu'un chrétien qui pèche n'a jamais été né de nouveau non seulement ne serait pas une affirmation scripturaire, mais reviendrait aussi à entretenir une suspicion permanente dans l'Église. Chaque faute pourrait alors devenir un motif pour mettre en doute la conversion des autres, voire la nôtre. Pourtant, le Nouveau Testament prévoit la correction, la repentance et la restauration des croyants qui tombent (Galates 6:1). Il nous appelle à prendre le péché au sérieux, mais non à considérer chaque chute comme la preuve d'une conversion qui n'aurait jamais existé.

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La parole aux lecteurs — 2

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  • DENOUAL Nadège31 octobre 2026

    Oui effectivement dès le moment qu'une personne devient enfant de Dieu, né de nouveau il est important de comprendre que nous sommes bien justifiés par la foi en Jésus-Christ donc sanctifiés par son sang précieux. Cependant, il est nécessaire de distinguer la sanctification progressive qui amène le renoncement des souillures de la chair dans la crainte de Dieu. Cela passe par la repentance car c'est par la bonté de Dieu que nous y sommes conduits et qui produira un fruit qui demeure tt comme laisser se développer en nous le fruit de l'Esprit.

  • Pst Paul31 octobre 2026

    Entièrent d'accord avec cette 1ere partie. "Conclure qu'un chrétien qui pèche n'a jamais été né de nouveau non seulement ne serait pas une affirmation scripturaire, mais reviendrait aussi à entretenir une suspicion permanente dans l'Église. Chaque faute pourrait alors devenir un motif pour mettre en doute la conversion des autres, voire la nôtre" OUI ! "Il nous appelle à prendre le péché au sérieux, mais non à considérer chaque chute comme la preuve d'une conversion qui n'aurait jamais existé" OUI ! Mais je vais réagir à la 2ème partie.. la question de l'apostasie nécessite je pense un developpement théologique plus important... 😄

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