Son action visait à dénoncer le « tapis rouge » déroulé par le président Donald Trump au président chinois Xi Jinping, tout en honorant les victimes de la répression du régime de Pékin. Selon les déclarations de Mahoney, l’arrestation est intervenue le 28 septembre 2026, quelques jours après l’arrivée de Xi Jinping aux États-Unis le 23 septembre. Le dirigeant chinois avait bénéficié d’un accueil protocolaire exceptionnel : réception à la base aérienne d’Andrews par Donald Trump en personne, cérémonie militaire avec survols d’avions de combat, et dîner d’État.
Mahoney a jugé cet honneur « profondément troublant » pour un dirigeant qu’il accuse d’opprimer son peuple, de détruire des églises, d’emprisonner des dissidents et de superviser des violations massives des droits humains, notamment contre les Ouïghours et les chrétiens. Sur place, le pasteur avait déployé un tissu rouge évoquant un tapis, portant les noms de personnes et de groupes persécutés : les Ouïghours, des chrétiens (dont le pasteur Cho et des responsables de l’Église de Sion), Jimmy Lai (le magnat médiatique pro-démocratie de Hong Kong, chrétien), ainsi que d’autres figures de la dissidence.
« Ce sont ces personnes qu’il faut honorer et dont il faut se souvenir, pas un oppresseur », a-t-il expliqué. Les agents du Secret Service, intervenus après des échanges avec des diplomates chinois, lui ont indiqué que le gouvernement chinois considérait le trottoir comme faisant partie du territoire de l’ambassade. Malgré l’invocation du Premier Amendement de la Constitution américaine (liberté d’expression et de manifestation pacifique sur la place publique) et le rappel qu’il s’agissait d’un espace public où il avait déjà manifesté à plusieurs reprises sans incident, Mahoney a refusé de partir.
Il a alors été menotté, arrêté pour « entrée illicite » (unlawful entry) et placé cinq heures en cellule de détention. « Ce n’est pas le gouvernement chinois qui m’a arrêté et mis en cellule. C’est le gouvernement des États-Unis », a-t-il déclaré, dénonçant une « trahison tragique de la protection de la liberté religieuse et du Premier Amendement ».
Comparution le 21 octobre
Dans des messages ultérieurs, il a indiqué que le Département des Transports du district de Columbia avait confirmé le caractère public du trottoir. Cet épisode s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes sur les droits humains en Chine, où les chrétiens des églises non officielles font l’objet d’une surveillance et de répression accrues (la Chine figure au 17e rang de l’Index mondial de persécution des chrétiens 2026 de l’ONG Portes Ouvertes).
Il intervient aussi alors que Donald Trump a récemment obtenu, après intercession diplomatique, la libération du pasteur chinois Jin Mingri (Ezra Jin), fondateur de l’Église de Sion, détenu pendant des mois. Mahoney, militant de longue date pour les droits humains en Chine (il a été arrêté plus de 100 fois au cours de sa carrière d’activiste), a annoncé préparer sa défense avec ses avocats, notamment de l’American Center for Law and Justice.
Aucune réaction officielle des services secrets américains n’avait été rendue publique au moment de la rédaction de cette dépêche. L’affaire soulève des questions sur l’équilibre entre la sécurité diplomatique des ambassades étrangères et le droit des citoyens américains à manifester pacifiquement sur des espaces publics.







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