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Education / Quand l’enfant a peur de mourir : ne fuyez pas, c’est souvent le moment du salut !

Vers cinq, six ou sept ans, beaucoup d’enfants posent soudain la question qui glace les parents : «J’ai peur de mourir. Qu’est-ce qui se passe après ?».

Jean Prochain· Resp. Editorial "Société"· 6 octobre 2026

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Education / Quand l’enfant a peur de mourir : ne fuyez pas, c’est souvent le moment du salut !

Éric et Rachel Dufour, pasteurs et parents de cinq fils, invitent à ne pas paniquer. Cette peur n’est pas un trouble à étouffer, mais le signe que l’âme de l’enfant s’éveille — et qu’une conversation sur Christ devient possible.

La peur qui arrive à l’âge de conscience

Rachel Dufour commence souvent par un verset qu’elle garde « dans le cœur » lorsqu’elle parle de la mort avec un enfant : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus ; il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu » (Apocalypse 21.4). Ce texte n’efface pas la tristesse d’aujourd’hui ; il rappelle que la mort n’a pas le dernier mot.

Pour les Dufour, le déclencheur est précis. Quand l’enfant atteint ce qu’ils appellent l’âge de conscience, il commence à distinguer le bien du mal. Il comprend qu’un jour il devra choisir pour lui-même. C’est alors qu’il vient dire : «J’ai peur de mourir», «j’ai peur de la mort», «qu’est-ce qui se passe après ?». Selon eux, son âme s’éveille à l’idée qu’il existe quelque chose après la mort, et qu’il y a «un vide en forme de Dieu» dans le cœur humain.

Ils le disent sans détour : chacun de leurs fils a vécu cela. C’est courant, c’est normal autour de cinq, six ou sept ans. La réaction parentale la plus fréquente — paniquer, changer de sujet, ou courir chez un psychologue — rate selon eux le moment. Rachel précise qu’elle est favorable aux thérapies, mais qu’ici «vous avez la réponse». L’enfant est prêt pour une conversation qui peut l’emmener plus loin. Ne pas la saisir, c’est «manquer le coche».

Le premier pas vers le salut

Ce temps mérite d’être pris, et d’être précédé de prière. C’est, pour eux, le moment de parler du choix de Christ comme Sauveur, du sacrifice de Jésus sur la croix, et de la possibilité pour l’enfant de faire ce premier pas de foi. Ils ne présentent pas cela comme une pression, mais comme une réponse à la question que l’enfant pose déjà. La conversation n’a pas à être longue ni théologique. Elle peut se faire le soir, après une question sur un dessin animé, ou au retour d’un enterrement. L’essentiel est de ne pas laisser la peur seule dans la chambre.

Les Dufour racontent aussi que cette même prise de conscience peut se manifester la nuit : lumière allumée, monstre sous le lit, portemanteau qui devient fantôme. Si l’on sent que l’enfant commence à saisir le bien et le mal, ils suggèrent de lui parler de Jésus comme de la lumière qui entre dans la tempête, plutôt que de multiplier seulement les veilles et les assurances.

Apprendre que la mort fait partie de la vie

Un second conseil revient souvent : expliquer tôt que la mort appartient à la vie, et apprendre à l’enfant comment réagir. L’exemple le plus proche, dans beaucoup de maisons, est l’animal de compagnie. Un chien ou un chat que l’on aime partira un jour ; l’enfant, en principe, vivra plus longtemps que lui. Les larmes et la tristesse sont alors normales. Plutôt que d’esquiver, les parents peuvent laisser l’enfant dire ce qu’il ressent : «il me manque», «ce n’est pas juste», «où est-il ?».

Sur le sort des animaux après la mort, les Dufour restent prudents : la Bible ne donne pas de réponse détaillée. On peut consoler en rappelant que Dieu prend soin de sa création, sans engager un débat interminable. L’important est d’accompagner le deuil, pas de le clore trop vite. Le même principe vaut pour un proche. Parler du grand-parent ou de l’ami disparu, rappeler des souvenirs concrets, empêche que le visage s’efface trop rapidement dans la mémoire de l’enfant. En Asie, où Éric et Rachel ont exercé leur ministère, on prend souvent deux ou trois jours pour vivre pleinement ce temps : une façon, selon eux, de ne pas transformer la mort en sujet interdit.

Se préparer avant que la question revienne

À la fin de leur échange, les Dufour lancent un défi simple aux parents : réfléchir à ce que l’on dira soi-même lorsque le sujet reviendra, et s’y préparer. Il n’est jamais trop tard. La prière qu’ils proposent demande la paix face à la mort, l’espérance de revoir ceux qui sont partis dans la foi, et les mots justes pour les plus jeunes.

Leur message tient en une phrase : cette peur n’est pas d’abord un problème à résoudre, c’est une porte. Elle invite à passer du temps, à prier, et à offrir, avec simplicité, l’espérance que l’on porte déjà.

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