Rien de spectaculaire : des murs beiges, un chauffage qui cliquetait. Sur le banc des parties civiles, une femme d'une cinquantaine d'années se tenait très droite, les mains serrées sur son sac, comme si elle craignait de prendre trop de place. En face d'elle, trois garçons d'une vingtaine d'années, en chemise trop grande, qui l'avaient agressée un soir à la sortie d'une gare. Quand elle a pris la parole, sa voix tremblait, mais elle a tout dit. Et j'ai vu le juge poser son stylo pour l'écouter, sans lever les yeux vers l'horloge.
Ce que j'ai ressenti, je ne l'attendais pas : de la gratitude. Un être humain, revêtu d'une autorité qu'il n'avait pas inventée, disait à haute voix que ce qui était arrivé à cette femme était un mal, et que ce mal avait des conséquences.
Cela m'a surpris, car je suis de ceux qui, dans l'Église, parlent plus volontiers de compassion que de tribunaux. Nous aimons les Béatitudes et les soupes populaires. Les mots juge, sanction, autorité nous semblent presque hostiles à l'Évangile. Pourtant, ce matin-là, la compassion seule aurait pu consoler cette femme, mais pas la rendre capable de traverser de nouveau une gare à la nuit tombée.
La Bible ne nous laisse pas ce confort. « Tu établiras des juges… Tu poursuivras la justice, la seule justice » (Deutéronome 16, 18-20). Paul écrit que l'autorité est instituée « pour faire justice et châtier qui fait le mal » (Romains 13, 4). Sans lois ni juges, la veuve et l'orphelin que Dieu nomme avec tant d'insistance, seraient livrés à quiconque est plus nombreux ou plus brutal qu'eux. La bienveillance ne protège pas ceux qui n'ont personne. Il faut des institutions pour cela, patientes, parfois ennuyeuses, qui tiennent même quand les cœurs faiblissent. « Le roi qui maintient le pays par la justice le rend stable » (Proverbes 29, 4). Stable : c'est le contraire d'un quartier où l'on rentre chez soi en pressant le pas.
Mais la Bible surveille aussi l'ordre qu'elle honore. Les prophètes ne sont pas les aumôniers du pouvoir. Amos tonne contre ceux qui écrasent le pauvre jusque dans les tribunaux, Ésaïe pleure sur des princes qui aiment les présents. L'autorité est un don de Dieu et une tentation permanente : l'ordre qui ne sert plus la justice devient une idole en uniforme.
Comment tenir ensemble la fermeté et la tendresse ? Michée répond en une phrase : « Pratique la justice, aime la miséricorde, et marche humblement avec ton Dieu » ( Michée 6,8 ). Il ne propose pas un menu où l'on choisirait selon son tempérament. Sans miséricorde, la justice devient un couperet. Sans justice, la miséricorde devient de la sentimentalité, une grâce bon marché qui ne prend aucun mal au sérieux.
Je repense à la fin de cette audience. Le juge n'a pas haussé la voix. Il a nommé les faits sans les adoucir, prononcé des peines, exigé une réparation. Mais il s'est aussi adressé aux trois garçons comme à des hommes qui avaient une vie devant eux, et leur a imposé un suivi, un travail, une porte qu'il aurait pu laisser fermée. J'avoue qu'une part de moi aurait voulu qu'on les écrase. Une autre, plus honnête, savait que je n'aurais pas voulu être jugé sur le pire soir de ma vie. Le juge refusait deux mensonges à la fois : celui qui minimise le mal, et celui qui réduit un homme à son pire acte.
La femme, elle, n'avait besoin ni d'un sermon ni d'un chèque. Elle avait besoin que quelqu'un dise publiquement : ce qui t'est arrivé est une injustice et la société ne l'acceptera pas. J'ai compris en sortant que c'était aussi une forme d'amour : un amour devenu institution, qui continue de fonctionner quand plus personne ne regarde.







Bonjour Philippe, Tout d'abord.merci pour ton écrit et la vision que tu veux apporter. Il est vrai que nous avons tendance à parler de la GRÂCE tout en faisant l'impasse sur la JUSTICE et L'INTÉGRITÉ de DIEU. Pour ajouter de mon expérience à ton expérience j'ai eu également à faire à la justice directement ou indirectement. Cette même justice qui se base sur des faits et non forcément sur la vérité des faits. Une justice qui, très souvent, est imparfaite. Mais lorsque le cœur à raison des lois qui elles mêmes sont votés par des hommes sans cœur mais de raison, que la sentence tombe et que le sentiment d'avoir gagné une partie de la bataille nous redonne le sourire. La vérité, elle, est bien plus compliquée. Le mal étant fait, il restera ce petit supplément d'insatisfaction face à cette décision qui pourtant semble être un grand pas. Cette satisfaction est: la reconnaissance des victimes. Mais reste ensuite la prise en charge de celle-ci et c'est là que le processus de guérison opère vraiment. Est-ce pas est ce que DIEU veut opèrer en chacune des victimes que nous sommes? Parfois la décision de justice ne te paraît pas équitable, voir injuste. Mais Dieu Lui à travers cette décision y voit ta guérison alors on ne parle plus de la justice des hommes mais de la voie de DIEU qui servira à la restitution de ton état de faiblesse, de la douleur ressentie de la peur accumulée. Prenons le cas de ces personnes qui vont en prison pour leur foi, une voie et puis une autre celle de ces victimes de pervers narcissiques qui se voient accuser de tous les torts alors qu'elles sont elles mêmes victimes et leur seule échappatoire est de baisse la tête devant leur bourreau et d'acquiescer le verdict qui les condamne plus encore qu'elles se condamnent elles mêmes. Alors oui je suis heureuse pour cette femme qui a trouver bien de cause mais qui en fait ne sera rétablie dans la vérité et la lumière dz.son être que par l'intervention Divine. Tu auras compris par là que je ne crois pas en la justice des hommes mais que je suis persuadée que cette justice est toujours guidée par DIEU et ce peu importe la décision d'un juge qui lui même est influencé par l'avocat général qui lui même est sous l'autorité d'un Procureur de la République. Et qui parfois porte le regard sur autre chose que leur bon sens. Peut on parler de Nahel non pas qu'il était innocent mais où était la justice après 21 interpellations dont deux pour récidives pour refus d'obtempérer. La justice a t'elle fait preuve d'amour ou bien de laxisme, au point que ce jeune homme perde la vie... Les émeutes j'étais en plein dedans habitant la cité d'à côté. Une horreur et on entendait crier ce slogan Justice pour Nahel! Mais une chose est sûre, nous pouvons tout à chacun porter la JUSTICE de DIEU et l'accompagner même si les hommes parfois manque d'éclairage. Je conclurai donc par ces versets. Esaie 55:8: •Car mes pensées ne sont pas vos pensées, Et vos voies ne sont pas mes voies, Dit l'Éternel. » • Romains 10:3 : « ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu ». Amitié fraternelle. Soyez bénis.
Merci pour ce partage. Realisons tout d abord que la grâce est l'accomplissement de la justice de Dieu en Jésus. La grâce ne s'oppose donc pas à la justice en effet... elle en est le résultat ! La justice n'a pas su sanctionner nahel assez sévèrement, comme tant d autres, mais la mort a mis fin à son impunité. Quant au policier, espérons qu'il ne soit pas condamné. Mais oui tu as raison.... L injustice est un sentiment violent.... alors quand la justice devient elle même injuste, c est doublement violent.
Mon très cher Paul, Et oui la première démonstration de JUSTICE est celle de la GRÂCE de DIEU au travers de son fils UNIQUE JÉSUS-CHRIST. Quant au policier, malheureusement sa vie est anéantie et son regard sur la justice bien détérioré. Et pas que sur la justice d'ailleurs . Mais DIEU est fidèle et c'est par cette même GRÂCE qu'il l'aidera à relever la tête. Et à nouveau regarder devant lui car au travers de l'épreuve nous savons l'objectif de DIEU celui d'une nouvelle saison. Une expérience qui le mènera certainement à bon port. Mais avant tout je prie pour qu'il ait la révélation de CHRIST en lui. Ce que Nahel n'aura jamais. Meritons nous de mourir peu importe pourquoi! Ou est-ce à cause de notre ignorance, notre désir de supériorité, du moins ce que nous pensons qu'elle soit car en fait n'est-ce pas là ce que l'on veut nous faire croire.. tout cela pour avoir le plaisir de rouler dans une grosse cylindrée.. comme le diable est malin... Comme il aime à nous bercer d'illusions et nous éblouir de ce qui semble être de l'or . Mais tout ce qui brille n'est pas d'or. Mais voilàwm, la GRÂCE de DIEU ne permet pas de faire n'importe quoi, n'importe comment. Il y a un moment où cela s'arrête car tu as laissé satan entrer en toi..et peu importe qu'il s'appelle Nahel ou bien Sébastien le résultat est le même. À force de tuer DIEU en nous on laisse les ténèbres y prendre place jusqu'au jour où... Je pourrais te parler des toxicomanes, du libertinage, du monde de la prostitution, l'addiction aux jeux, et j'en passe. Toutes ces identifications qui elles n'ont pas droit à la justice parce qu'elles ne rentrent pas les clous. Les hors la loi de la société .Tous ces visages masqués par la violence et la haine mais surtout le désespoir de ne pas voir la lumière au bout du tunnel. Et pourtant JÉSUS N'EST IL PAS VENU POUR TOUS CES GENS ? N'EST IL PAS VENU POUR MOI? Je suis le témoignage vivant se ce que DIEU veut SAUVER de moi et en moi.. Où était la justice de l'homme... Mais je m'égare mais me ragaille de ce que DIEU a fait pour moi avant, dans l'épreuve ce monde et après dans la révélation pour ce monde. La justive de DIEU c'est L'AMOUR L'ETANT LUI MÊME, SON ÉTAT. La justice de l'homme c'est l'état, l'être de lui même. Ses émotions dûent a ses expériences et l'expérience des ces expériences là. Celles antérieures à lui-même, celles qui sont héritées. De là ou veux tu que justice soit réellement faite. Quand nous n'avons pas la notion de l'avant. Seul DIEU conduit, rétabli, et accompli et nous aurions grand tort de croire qu'IL ne le fait que dans nos assemblées.. IL le fait depuis toujours ..depuis le celui qui est et sera toujours. L'AMOUR INCONDITIONNEL, UN ÉSPRIT PARFAIT EN TOUTES CHOSES ET NE DÉPENDANT QUE DE LUI SEUL. La JUSTICE de DIEU conduit à un retour en LUI, par LUI et pour LUI. Notre état premier. Du moins pour ceux qui veulent vraiment le recevoir dans sa volonté et sa vérité. Oulala je me suis laissée aller là.. Bonne soirée. Sois béni ainsi que toute la famille. 😘 De sandy à Sandrine.😉
L'art de raconter des vérités au travers d'anecdotes qui "parlent". Merci Philippe Tarabon, c'est édifiant ! ❤️❤️
J’ai souvent eu du mal à articuler justice et miséricorde dans ma foi. Votre récit, et surtout la phrase de Michée, m’a aidé à mieux voir comment les deux se tiennent ensemble sans se diluer. Un vrai sujet de prière. 🙏🙏
J'aime beaucoup la plume de Philippe Tarabon que je découvre grâce à vous. Je ne sais pas si l histoire est vraie ou fictive... mais elle est TRES INSPIRANTE et très bien amenée. La JUSTICE est tellement importante et parfois tellement taboue dans nos milieux évangéliques. Un grand MERCI pour cette réflexion. ❤️👏❤️👏