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Ils rêvent de remplacer nos cerveaux par une puce !
Malgré ses propres discours alarmistes concernant l’intelligence artificielle, Elon Musk travaille sur un projet de puce électronique, une sorte d’interface cerveau-machine, car de toute évidence une super-intelligence engendre de super profits. Et son fantasme est de «plus en plus crédible» selon BFM TV. La puce de 8mm, équipée d’électrodes, «va capter des signaux nerveux et en stimuler certaines parties. (…) Les premiers tests ont été réalisés sur des animaux en 2021», tuant au passage quelques 1500 animaux, et désormais la startup Neuralink tente de démarrer les essais cliniques sur les humains.
Elon Musk n’est pas le seul à vouloir développer un tel projet d’implantation dans le cerveau. L’entreprise Synchron, dirigés par Jeff Bezos avec le soutien de Bill Gates, a d’ailleurs devancé Neuralink avec son premier cobaye humain. En juillet 2021, la puce cérébrale a été validée par la Federal and Drug Administration (FDA), qui n’est autre que l’organisme régulateur des médicaments et d’aliments aux Etats-Unis. Le 1er patient-cobaye se fera greffer à l’hôpital du Mont-Sinaï à New York. Le lieu même ne s’invente pas !
Au départ, ces puces ont comme but principal de participer au processus de guérison des maladies d’origine neurologique, comme par exemple, la paralysie. Mais, ce n’est que l’arbre qui cache la forêt, et des applications transhumanistes, de l’ordre d’une «superintelligence» sont déjà programmées dans les agendas des chercheurs. L’alerte est déjà lancée : «S’il ne veut pas finir en vulgaire esclave de l’intelligence artificielle, l’humain n’a pas le choix : il devra, à terme, fusionner avec elle», écrit Mélinée Le Priol, pour le journal La Croix. Et la promesse de cette révolution transhumaniste est là pour nous convaincre : «Connectons donc nos cerveaux à des ordinateurs, grâce à des implants placés dans le cortex, et nos capacités de mémoire, de calcul et de raisonnement seront enfin dignes d’un algorithme».
Cette folie verra très certainement le jour dans les années qui viennent, malgré la mise en garde de la psychologue Susan Schneider, spécialisée dans les sciences cognitives, qui affirme dans le Financial Time, que ce projet pourrait être un véritable «suicide pour l’esprit humain».
Et elle ajoute : «Le risque d’une fusion générale de l’IA avec notre cerveau, dans le sens plus radical qu’Elon Musk l’envisage, est que le cerveau humain soit diminué, voire détruit. La question est également philosophique : quelle est la nature de l’esprit ? Si les puces vont jusqu’à remplacer le tissu neural d’un humain, elles pourraient à un moment donné, mettre fin à sa vie». D’ailleurs, à ce sujet, L’entreprise Neuralink n’est pas très clair sur «la proportion du remplacement du cerveau par les puces. Est-ce de l’ordre de 10% ? 50% ? Ou encore 75% ?».
L’enjeu crucial d’une saine anthropologie évangélique face aux projets du transhumanisme
Comme le souligne très justement le cours d’Anthropologie Biblique de l’Institut de Théologie Charismatique (ITC) : «Le mouvement académique évangélique francophone est encore très jeune et peu de théologiens ont traité à ce jour les fondements de l’anthropologie évangélique. Encore moins dans une perspective eschatologique. Pourtant, l’avenir de l’Homme est au coeur de nombreux questionnements de société. Et nul doute que la révélation biblique s’avère particulièrement pertinente pour apporter une lumière au devenir de l’Humanité. (…) A titre d’exemple, une saine théologie évangélique dans le domaine anthropologique, nous offre des fondements indispensables à une apologétique efficace et sérieuse, concernant les nouveaux enjeux de société qui nous sont imposés par la « rationalité technoscientifique » qui a enfanté le « posthumanisme », en se nourrissant de la « cybernétique »».
Citant une thèse datant de 2012, rédigé par Wilner Cayo, pour la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal, l’ITC rappelle certains aspects majeurs de cet enjeu :
Si l’anthropologie évangélique semble partager avec le transhumanisme une même frustration quant aux souffrances humaines et veut les transcender, elle ne cherche pas à surmonter la finitude humaine qu’elle croit être une caractéristique de la créature. Par définition, l’humain restera toujours une créature, donc toujours un être fini. Elle ne conçoit pas la finitude humaine comme étant mauvaise; elle est à différencier des faiblesses humaines, conséquences du péché. La finitude est une caractéristique de la créature. Puisque tout ce que Dieu a créé fut très bon, la créature et la finitude inhérente à la créature sont décrétées très bonnes.
Contre le transhumanisme, l’anthropologie évangélique affirme que c’est à l’intérieur de la finitude humaine que l’humain reçoit la grâce de Dieu pour transcender les vulnérabilités de sa nature pécheresse. L’anthropologie théologique évangélique ne peut, à cause de sa vision de l’humain, partager les espérances d’un posthumanisme qui veut s’affranchir du corps. Elle ne peut concevoir l’humain en dehors du corps. Néanmoins, le débat fait rage à propos d’une saine compréhension des tenants et aboutissants du concept de «l’imago dei» (qui renvoie à la création de l’Homme, à l’image de Dieu)
- Les théologiens évangéliques tenants d’une conception limitative de l’humain homo faber (l’homme qui fabrique des outils) et d’une position de préservation de la nature humaine estiment qu’au nom de l’imago Dei, l’humain ne peut se prêter à des expériences qui altéreraient sa nature.
- A contrario, des théologiens transhumanistes pensent que l’imago Dei habilite l’humain à agir en tant que co-créateur et pourraient même agir sur lui-même en vue de sa propre transformation.
En d’autres termes, le concept de l’imago Dei à lui seul est insuffisant pour articuler tous les enjeux du débat. Le motif de l’imago Dei doit être analysé en conjonction avec la christologie dans l’approfondissement du Logos incarné, pour en mieux apprécier l’étendue. Ce n’est que dans ce lien que nous avons pu trouver des éléments capables d’articuler ce qui est en germe dans l’imago Dei.
Peut-elle (la nature humaine, la créature humaine) être améliorée? Oui. Devrait-elle être transcendée en aboutissant à un humain affranchi de son corps? Si on arrivait à téléverser le contenu du cerveau dans un support informatique ou dans un robot qui s’auto-programmerait, le résultat pour ce qui relève de l’anthropologie évangélique serait que ce nouveau complexe qui ressemblerait de beaucoup à un humain ne serait qu’un programme androïde ultra complexe. Car le corps dans une anthropologie évangélique demeure une caractéristique de l’humain dans cette existence ou dans celle à venir; de plus, l’humain est toujours plus qu’un ensemble d’organes biologiques, car il porte en lui de par son élection divine, selon un point de vue évangélique, le souffle divin, lequel souffle d’éventuels programmes androïdes ultra perfectionnés n’auront jamais. Ainsi ces programmes ou entités seront toujours différents de l’humain, cet être spécial, créé et choisi par Dieu et pour Dieu.
L’humain, restera-t-il passif en attendant que Dieu remplisse tout en tous? Sur la base de sa compréhension du mandat de l’humain homo faber, l’Évangélique défend le point de vue que l’humain fasse preuve d’ingéniosité responsable dans la transformation des ressources de la création. Pour une vision évangélique, la technologie est au service du grand dessein de Dieu pour l’humain. L’humain pourrait-il se lancer dans des œuvres de création? Il semble que oui, mais tant et aussi longtemps qu’il vive son mandat dans une dépendance au Créateur.







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